Millésimez-moi !

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Avec ce nom qui résonnait comme un hommage indirect aux néo-antiques disques vinyles (galette noire émettant de la musique que les moins de trente ans ont fini par connaître), quand il faut traiter du phénomène vintage, FACES B* creusait forcément le sillon. Quelques années plus tard, reprise d’une réflexion antidatée. Souvenirs, souvenirs ? Que Nenni. Ces mots sonnent toujours d’actualité. Le vintage donc ? C’est, avant tout, une question de millésime. Au départ en œnologie et, très vite, dans de nombreux domaines de notre vie quotidienne. Explications sur l’invasion vintage : millésimez-moi, oui mais pas tout de suite… pas trop vite…

C’est un signe des temps. Dans une Coccinelle cabriolet nouvelle mouture, un jeune quinquagénaire trimbale sa belle amoureuse. Les deux, cheveux au vent, portent, pour lui, des Ray-Ban Wayfarer et, pour elle, des lunettes françaises de la marque aux deux C entrecroisés en mode Jackie Kennedy. Tous deux écoutent Ben l’oncle Soul. Heureux d’être là. Après un milk-shake dans un bar jazzy, ils comptent bien aller voir le film de Baz Luhrman, Gatsby le Magnifique. Voilà, le conte est bon. Le décor est planté. Nous vivons dans une société « vintageophile ». Ce néologisme en dit long sur notre état psychique. Dans cette période de crise, le citoyen-consommateur se rassure en retrouvant les œillades délicates d’un passé collectif. Tout y passe : l’art, la consommation et même la politique.

Aujourd’hui peut-être…

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Nous sommes des coureurs de fond dans une société qui impose sa forme et son rythme. Procrastiner peut alors affirmer un certain mode de résistance.

Peut-être vous rappelez-vous d’une très vieille chanson interprétée par Fernand Sardou, le père de… La référence musicale vous paraît hasardeuse ? Elle l’est ! Aujourd’hui peut-être, cette chanson de 1946 évoque une certaine idée de la société. D’une région aussi. Une fois toutes ces idées reçues passées à la moulinette de la machine à clichés, il reste une idée : et si nous n’étions pas obligés d’entrer dans la course ? Et si nous faisions le pari de la lenteur ? Du « je verrai plus tard ». Du « non, encore un câlin ». C’est une idée. Une envie aussi. Un diagnostic pour d’autres.

Slow qui peut !

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La jeunesse actuelle est venue au monde grâce aux anciens « intermèdes de musique douce » prévus dans toutes les boums, fêtes et boîtes de nuit des générations pré-internet, que l’on appelait les slows. Témoignage.

1988. 14 Mai. 15h58. La salle immense s’assombrit quelque peu. Les garçons et les filles prennent leurs distances. Timides. Laurent s’approche. Il fixe Nathalie dans les Kickers. Son appareil dentaire fraîchement posé, il murmure un sirupeux « tu danses ? ». Elle annonce un «wwwouiii» rougissant. Les voilà seuls au monde, sur une piste de danse désertée. L’un en face de l’autre. L’un contre l’autre. Emoi maximal lorsque retentit le fameux break de saxophone. « Ta lalala la lalala». Deux tourtereaux postpubères adoubés par George Michael et son déjà vieux Careless Whisper. Le ton d’une vie est donné. Les moins de vingt… euh trente ans ne comprennent pas.

Nos cliques et nos claques

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L’évolution de notre consommation s’est emparée de la notion d’engagement afin de servir les intérêts du « consommer plus ». Entre l’offre « sans engagement » des opérateurs de téléphonie mobile et le « dis-moi ce que tu cliques, je te dirai qui tu es » des réseaux sociaux, le marketing mix nous fait sa tambouille en calquant nos modes de vie… à notre détriment ?

Tout se passe dans une grande tour. De longues baies vitrées plongent sur des bâtiments voisins à l’architecture classique. Dans un bureau, encore un autre bureau. Un homme en cravate avance avec une assurance mercantile. Le brushing docile. Les joues rasées depuis le petit déjeuner. Sa cravate, unie et italienne, est assortie à son costume sombre, certainement milanais. Face à lui, des tableaux, des tableurs, des courbes, des histogrammes, des camemberts. Il brille comme une étincelle de briquet. Aussi éphémère. Aussi clinquant. Clopin clopant, il enchaîne des blondes américaines au rythme de son cendrier. Je ne vais pas tourner davantage autour du mot. Notre homme est un symbole. Celui du marketing de « non-engagement ». Grâce à lui et à ses disciples, les marques nous engagent à ne pas nous engager. C’est écrit partout. En petit. En gros. En très très (trop) gros. Et, plus c’est gros, plus cela fonctionne.

Ceci n’est pas un blog !

humeur

Welcome on Blog ! Bienvenue à bord ! Le voici. Tout neuf. Tout neuf comme un exercice de style. Du style ? Non, je ne me lance pas dans un blog mode ! Nan, nan !!! Ceci n’est pas un blog ! En cette période si particulière, j’ai simplement envie de m’amuser avec les mots. De jouer avec l’air du temps. Une façon de « Tailler la zone ». Il s’agit bien de cela. « J’ai senti fraise cassis que j’pourrais tailler la zone avec elle ». Alors, elle est à côté de moi. Proche de moi. Ici, pas très loin. Vraiment tout près. Presque tout contre.